Histoire et patrimoine

Les armoiries de Fontaine-le-Dun - Fontaine-le-Dun
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Les armoiries de Fontaine-le-Dun

Fontaine-le-Dun possède des armoiries qui furent adoptées par le Conseil Municipal en sa séance du 27 Juillet 1944.
Le blason a été établi, par la Commission des Sceaux et Armoiries de l’État, d'après le livre de J.-B. Théreux et P. Hauduc « Essais historiques sur Fontaine-le-Dun et les environs ». Il est la reproduction d'un dessin de Robert Louis, dessinateur héraldiste, membre de la Commission des sceaux et armoiries.

Sa signification est : « D’azur à l’épée haute d’argent accostée de deux croissants du même surmontés chacun d’un fer de lance d’or, au chef de gueules chargés d’une croix d’argent. »
Le chef est un rappel de la suzeraineté des Chevaliers de Malte qui étaient seigneurs hauts justiciers à Fontaine.
L’épée et les croissants sont empruntés aux armes d’Isambard de Tourneroche, seigneur de Fontaine, qui sauva de la mort le roi Louis VII lors de la seconde croisade.
Les fers de lance sont empruntés aux armes de Rocquigny de Bulonde, né à Fontaine, qui devint prédicateur de la reine de France, femme de Louis XV et qui laissa quatre volumes de sermons.
Fontaine-le-Dun à une devise « Venite et aperiatur vobis » qui a pour signification « soyez les bienvenus ».

Le Dun

Le Dun est un fleuve de 12,8 kilomètres qui prend sa source aux abords de Fontaine-le-Dun. Il se jette dans la Manche à Saint-Aubin-sur-Mer. C'est un nain que la nature a placé entre deux géants la Saâne et la Durdent.
Simple et modeste dans ses allures, il arrose de ses eaux quasiment l'ensemble des villages de la vallée. Il coule très peu sur Fontaine-le-Dun. Il en fut autrement dans le passé. A Fontaine l'eau était si abondante qu'il y eut des moulins.
A ce sujet une légende raconte qu'un sire de Crasville-la-Rocquefort voulait acheter un moulin sur Fontaine. Le propriétaire de ce dernier refusa de vendre son bien. Le seigneur de Crasville-la-Rocquefort voulu se venger. Pour cela, il utilisa des balles de laine afin de boucher les sources du Dun, qui à l'époque, étaient située non loin de Crasville-la-Rocquefort et Autigny. Depuis l'eau ne coule quasiment plus sur Fontaine-le-Dun sauf lors des fortes pluies.

Quand le Dun coulera ! C'est le refrain
Que l'on entend ici soir et matin...
Un grand savant, Monsieur Pourbaix-Ledune
(Ce n'est pas un projet dans la lune)
Veut faire rentrer dans le droit chemin
Notre vieux Dun, quelque peu libertin,
Qui, pour d'autres lits, laissa son ravin.
Ah ! Pour notre chef-lieu, quelle fortune,
Quand le Dun coulera !
Que sera le Fontaine de demain ?
Où pourra bien s'arrêter son destin ?
Il grandit d'une façon peu commune !
Son renom ira jusqu'à la Tribune,
Porté par notre élu républicain
Quand le Dun coulera !

Fontaine-le-Dun, 1901.

Poème tiré du livre « Pierres Noires et Pierres Blanches »
Poésies diverses
de J- B THEREUX

L'origine du nom « Dun » reste floue. En effet, au 17e siècle des savants (le révérent père Dom Toussaint Duplessis et l'abbé Jean LEBOEUF) discutèrent longuement sur l’étymologie du nom. L'un pensait que « Dun » signifiait « lieu important » l'autre pensait que « Dun » signifiait « le profond » ou « l'encaissé ». Hélas, ils ne purent s'entendre et au bout de 6 longues lettres de correspondances l'origine du nom « Dun » resta sans réponse.
Ordéric Vital écrivait dans son livre « Histoire de la Normandie » tome 12 que le « Dun » portait le nom de « Tale » à l'époque de l'occupation romaine de la Gaulle.
D'autres pensent que Fontaine-le-Dun n'a pas de passé et que ni l'histoire ni la légende ne placèrent jamais d'établissement qui ait pu mériter une aussi ambitieuse dénomination « lieu important ». A ce demander si Fontaine-le-Dun n'était pas complètement désert en ces temps reculés de la Gaule et de Rome. Pourtant des découvertes archéologiques récentes prouvent que Fontaine-le-Dun était habité à l'époque Gauloise, à l'époque Gallo-Romaine ainsi qu'au Néolithique.
Désormais c'est à vous chers internautes de vous faire votre propre opinion.

Poème : FONTAINE-LE-DUN

Fontaine-le-Dun, bourg très modeste,
Mais digne d'attirer les regards,
Est bâti, comme son nom l'atteste,
Sur le Dun, fameux à tous regards.
Aux pieds de deux petites collines,
Dans un étroit, mais joli vallon,
S'élèvent les maisons, les chaumines
De ce charmant chef-lieu de canton.
Des routes très propres le sillonnent ;
Une gare va le desservir ;
Halles et marchés l'approvisionnent
Et des marchés-francs vont s'y tenir.
Puis bientôt, mais c'est une confidence,
Gardez-m'en bien le secret, lecteurs,
Le Dun, coulant avec abondance,
Charmera les loisirs des pêcheurs
Fontaine-le-Dun, 1897,

Poème tiré du livre « Pierres Noires et Pierres Blanches »
Poésies diverses de J-B THEREUX

L'église - Fontaine-le-Dun
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L'église

Elle est placée sur un promontoire dominant le village. La première construction date du XIe et du XIIe siècle. Vu de l'extérieur, on retrouve ces deux époques au niveau du clocher (qui fut détruit en 1691 par une violente tempête) et au niveau du chœur.

Lorsque nous entrons dans l'église, en empruntant le portail principal, nous aboutissons dans la nef. En levant la tête nous pouvons admirer la voûte en forme de coque de bateau renversée. Les poutres soutenant cette structure sont sculptées. Ici, est représenté des crocodiles, des anges avec des instruments de musique, des agneaux.
Toujours en hauteur nous pouvons admirer une poutre de gloire avec le Christ, la Vierge Marie et Saint Jean, le tout en bois peint et doré.
Dans le transept de droite est une chapelle dédiée à Saint Abdon qui est représenté sur le mur de droite. Ce saint était un prince persan, qui devenu chrétien, fut martyrisé à Rome. Déposé dans des catacombes, son corps fut exhumé au VIIè siècle et envoyé en France à Arles-sur-Tech. Grâce aux liens nombreux entre les monastères Bénédictin, son culte s'enracina profondément dans de nombreuses paroisses de France dont celle de Fontaine-le-Dun où jadis sa fête était célébrée le 30 Juillet. De plus, dans la plaine qui sépare Fontaine-le-Dun de Luneray, il existait au XIIe siècle une léproserie nommée la « léproserie de Saint Abdon ». La chapelle de cette léproserie fut détruite en 1824.

 - Fontaine-le-Dun
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Dans le chœur nous pouvons admirer, sur le retable, une magnifique toile représentant l'Institution du Rosaire. La seconde toile représente l'action de grâce des sires de Tourneroche au retour des croisades. Un sire de Tourneroche, probablement en mauvaise posture, fit vœu à Notre Dame qui lui apparut et le sauva. Sur ce tableau ils sont représentés à genoux en prières, aux pieds de la Sainte Vierge qui leur apparaît en descendant du ciel.
La dernière toile, l'histoire (et peut-être la légende) raconte que dans la famille de Bourval, un seigneur de cette famille, appelé Isambart, était à la seconde croisade et combattait avec le roi de France. Un jour, le roi surpris par les Sarrasins allait succomber, bien qu'il se défendit comme un lion, quand il aperçut au détour d'un rocher un chevalier arrivant au galop à sa délivrance. D'où le nom par la suite de Tourne-Roche. En souvenir de ce fait, ce seigneur fit peindre sur son écu un bras sortant de derrière un rocher et le roi insista pour qu'il y ajouta une fleur de lys que l 'épée semble soutenir au milieu de deux croissants avec la devise « Virtuti et honori » (Vertu et honneur).
Le baptistère est une cuve octogonale, sculptée avec soins datant du XVe siècle. C'est ici que fut baptisé Henri-Isaac Rocquigny de Bulonde. Il fut Jésuite et confesseur de Marie Leczinska. Il est l'auteur de 5 volumes de sermons imprimés en Hollande. Il est mort à Eu à l'âge de 92 ans et 10 mois.
A l'extérieur de l'église nous pouvons admirer un tombeau du XIVe siècle en grès, très finement travaillé. La croix placée en relief sur la tombe est sculptée avec finesse.
De chaque coté des vitraux, sous les archivoltes, sont placées des têtes sculptées. Parfois jolies, parfois hideuses, elles représenteraient peut-être le coté populaire de la nature humaine. Ici, l'humour, la raillerie se mêlent intimement dans une démarche artistique. Les plus anciennes sculptures sont situées sur le mur du chœur.

Pierre GIFFARD - Fontaine-le-Dun
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Pierre GIFFARD

Fontaine-le-Dun a vu naître le 1er mai 1853 Pierre GIFFARD. Homme de lettres, grand reporter, précurseur du journalisme moderne, pionnier de la presse sportive il passa sa jeunnesse dans notre village.
Penssionnaire dès l'âge de 6 ans, il aimait passer ses vacances d'été à méditer dans des lieux connus de notre bourg tel que le Fond du Moulin, le Haut Gardini, le Fond du Bourval.
Engagé volontaire, à 17 ans, dans l'armée auxilliaire, pour défendre sa patrie contre l'envahisseur prussien, il est alors élevé au grade de lieutenant.
1871 il obtient son bac.
1872 (année du décès de son père maire et notaire à Fontaine-le-Dun) il décide de se pencher sur sa passion : le journalisme. Tête baissée, comme un cycliste au sprint, il entre au « Corsaire », à « l'Evènement », à la « France », au « Gaulois ».
1880, il entre au Figaro. Dès lors, il s'est créé, au fil des lignes de ses articles, une place dans la presse.
Qu'il s'occupe de vulgarisation scientifique, de sport, de reportage ou de politique, Pierre GIFFARD ne cesse point de s'affirmer.
1887, Hippolyte MARINONI lui propose de prendre en main la réorganisation du service des nouvelles du Petit Journal. C'est à ce moment précis qu'il se découvre une nouvelle passion : le sport.
1891 il crée la course cycliste Paris-Brest-Paris qui existe encore de nos jours.
1892 il organise la course Paris-Belfort.
1894 il crée la première course automobile Paris Rouen.
1896 il crée le Marathon de Paris. Cette même année, il va rejoindre Paul ROUSSEAU à la tête du Vélo (journal sportif)

Pierre GIFFARD, Républicain, se présente aux élections législatives de 1900 dans la deuxième circonscription de la Seine Inférieure (Yvetôt). La Fin du Cheval (livre écrit en 1899) récit prophétique sur l'avançée technologique (l'automobile) prenant le dessus sur « l archaïque traction hypomobile » fut présenté comme son programme politique. Dans cette région largement agricole ou le cheval est roi, les bulletins parlèrent contre GIFFARD.
1902, il décide de tenter sa chance aux élections législatives. Son vif soutien au capitaine DREYFUS sonna le glas, la défaite de la vie politique de Pierre GIFFARD.
De retour à Paris, il se pencha à nouveau sur le sport à la tête de son journal « le Vélo ».
1905, il entre au « Matin ». Il est envoyé au Moyen Orient où a éclaté la guerre « russo-japonaise ». Il quitte ce quotidien par la suite et reprend la plume pour coucher sur papier ses romans populaires, ses romans anticipateurs, ses pièces de théatres...
Ce Normand, ce Fontainais, en se faisant vulgarisateur des techniques nouvelles (la téléphonie et le télégraphe expliqué à tout le monde 1878 – la lumière électrique 1879), journaliste, romancier (« Les Nuits de Mandchouries » tome I et II1905-1906 – « Le Tombeau de glace » 1909), anticipateur (« La guerre infernale » roman d'aventure pour la jeunesse, de 1908, évoquant la seconde guerre mondiale), Pierre GIFFARD a marqué nos mémoires.
Au coeur de la IIIè République, il fut le précurseur de bon nombre d'évènement sportifs. De son pseudonyme de « Jean-sans-Terre », ses racines, bien que Cauchoises, étaient internationnales.
Ses prises de position ont fait de lui un défenseur des droits de l'Homme. Sur fond d'affaire DREYFUS sa prise de position sera à l'origine d'une course cycliste, qui chaque année, nous tient en haleine. En effet, Pierre GIFFARD rédacteur en chef du journal « le Vélo » prend position, dans ses colonnes, pour le capitaine DREYFUS. Son principal annonceur, le comte de Dion, antidreyfusard, retire les publicités de ses automobiles des pages du journal « le Vélo ».
De Dion décide de créer le journal « l'Auto-Vélo », qui deviendra par la suite « l'Auto ». Il confie la direction de ce journal à Henri DESGRANGE. Ce dernier voulait mieux faire que GIFFARD. Aidé des membres de son équipe, en particulier de Géo LEFEVRE (un ancien du « Vélo ») il crée une course qui fera le tour complet de la France. C'est ainsi que le « Tour de France » est né.
Pierre GIFFARD nous quitta le 21 janvier 1922.

sources :

Pierre GIFFARD
précurseur du journalisme sportif
Du Paris-Brest à l'affaire DREYFUS

L'hôtel de l'Espérance - Fontaine-le-Dun
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L'hôtel de l'Espérance

Cette antique bâtisse du XVIIe siècle accueillait les nobles seigneurs des alentours. Par la suite elle accueillait les marchands et tout autre personne de passage à Fontaine-le-Dun.
Devant il y avait une mare où venait s'abreuver les bestiaux. Elle fut comblée en 1839 pour la construction de la route départementale.
Jusqu'en 1898, jusqu'à ce que la locomotive apparue en notre vallée, de vieilles diligences servaient de relais entre Veules-les-Roses et Motteville puis seulement entre Fontaine-le-Dun et Motteville. Leur départ chaque matin de l'hôtel de l'Espérance et leur retour le soir mettaient quelques animations dans le bourg.

Adieu Patache !
Adieu Patache, antique diligence !
Tu fuis, hélas, l'hôtel de l'Espérance !
C'est le Progrès qui cause ton malheur.
Il faut céder à la reine Vapeur ;
Rends-toi devant son énorme puissance.
Tout ici-bas n'est bien qu'heur et douleur :
L'heure à sonné, disparais en silence.
Adieu Patache !
De ton caisson à la jaune couleur.
Plus ne verrons la « suprême » élégance !
Adieu « Joseph » et ton fouet claqueur !
Adieu Pandore, en habit d'ordonnance,
Car ton départ a causé son absence.
Adieu Patache

Fontaine-le-Dun, 1898

Poème tiré du livre « Pierres Noires et Pierres Blanches »
Poésies diverses de J-B THEREUX

L'ancien café GIROT

C'est à l'intérieur de ce café que Claude Santelli tourna le film « Le Port » d'après une nouvelle de Guy de Maupassant. Ce café avait gardé son charme d'antan et c'est pour cela que le réalisateur y tourna une scène de ce film.

Le presbytère de Fontaine-le-Dun - Fontaine-le-Dun
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Le presbytère de Fontaine-le-Dun

Il est curieux qu'un presbytère soit placé quasiment à la sortie du village.
Autrefois, il y avait deux cures au sein du village donc un presbytère pour chaque cure. Les faits historiques ne sont pas très explicites par rapport à la seconde habitation du prêtre mais il devait probablement être placé au cœur du village.

Le groupe scolaire  - Fontaine-le-Dun
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Le groupe scolaire

Construit en 1954, il porte le nom d'un célèbre fontainais Pierre GIFFARD.
Homme de lettres, grand reporter, précurseur du journalisme moderne, pionnier de la presse sportive il passa sa jeunesse dans notre village.
En sa séance du 27 août 1954 le Conseil Municipal, après en avoir délibéré et à l'unanimité, décide de donner au Groupe Scolaire en construction l’appellation suivante :

« GROUPE SCOLAIRE PIERRE GIFFARD 1853-1922 »

Et de surmonter l’appellation à appliquer sur la partie du mur de façade réservée à cet effet des armoiries de la commune en couleurs avec aménagement en maçonnerie ou matière dure quelconque destinée à supporter une hampe avec flamme tricolore amovible. (Extrait du Registre des Délibérations du Conseil Municipal de Fontaine-le-Dun)

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